Notre-Dame des Châteaux

Notre-Dame des Châteaux aujourd'hui (2010)

Si un jour il vous prend l'envie d'allez passer quelques jours à Notre-Dame des Châteaux, vous serez accueilli par le Père Justin SENGER, l'économe de la communauté assomptionniste de St Sigismond à Albertville, et l'actuel "maître des lieux". C'est lui qui vous fera faire le tour du propriétaire. Cet alsacien de pure souche qui a toujours le sourire est d'une très grande gentillesse, mais il est également, et ce n'est pas la moindre de ses qualités, d'une très grande efficacité...

Photo prise dans les années 1970

- La tour ronde de l’ouest, datant du XIII°siècle (à gauche sur la photo)

- La tour carrée, donjon primitif du XI° siècle

- la maison entre la tour carrée et la chapelle, logis ancien à un étage et un grenier datant du XVI° siècle

- la chapelle actuelle date du XVIII° siècle et fut construite par les Dominicains

- la tour ronde de l’est (à droite sur la photo) qui s'est écroulée depuis...

 

C’est dans ces bâtiments qu'a commencé l’aventure de l’alumnat de Notre-Dame des Châteaux qui a duré de 1871 à 1903, année de la promulgation de la loi sur les Congrégations.

Le 20 décembre 1903 à 8 heures du matin fut célébrée la dernière messe à la chapelle, puis les Pères et des alumnistes descendirent à Beaufort puis à Albertville d’où ils prirent le train en direction de la plaine de Turin .

   

De 1871 à 1903, c’est-à-dire en 32 ans, de nombreux jeunes ont passé à l’alumnat et 220 étaient arrivés à la prêtrise.

  

 

 

EHPAD des vignes à ALBERTVILLE

 

Les bâtiments de la communauté d'Albertville (St Sigismond) ont subi de grosses transformations ces dernières années. La maison qu'occupaient les pères, à droite sur la photo, a été vendue à la commune qui l'a transformée en logements privés. Les pères ont ensuite tous déménagé au 3ème étage de l'EHPAD, à gauche sur la photo, et construit sur une des parcelles de la propriété des pères assomptionnistes. Leur étage comporte 30 chambres et donne directment accès au sommet de leur propriété où se trouve une statue de la Vierge.   

Quid de N-D des Châteaux ?

 

 

Notre-Dame des Châteaux est le berceau de l’Assomption, c’est là qu’en 1871, le père d’Alzon a fondé son premier alumnat. C'est un lieu de calme et de resourcement pour de nombreux Pères et « Anciens ». Mais cet endroit n’a pas toujours été ce qu’il est aujourd’hui, et sans l’obstination, le travail et le dévouement du père Justin, de Mr Currivand ainsi que de Mr et Mme Bouton, il ne serait sans doute plus qu’une ruine investie par les haies et les herbes folles.

L’histoire récente de ce lieu hautement symbolique dont sont fiers de nombreux Pères et « Anciens », et que la nouvelle génération d’Assomptionnistes semble regarder d’un air parfois condescendant, a commencé dans les années 1990. Après la démolition de l’ancien alumnat que les plus anciens dont je fais partie ont encore connus, il ne restait qu’une petite grange, « la maison du bas » en contrebas de l’alumnat originel, plus communément appelé  « maison du haut ».

Le père Justin s’est d’abord occupé de l’acquisition de certains terrains appartenant à des personnes extérieures à l’Assomption, et qui ont toutes accepté de les vendre, pour reconstituer le domaine. Il trouva immédiatement en la personne de Mr Currivand, administrateur de l’association St Loup, et en charge du lieu, un collaborateur efficace et dévoué. C’est au début des années 2000, que Mr et Mme Bouton se sont joints à ce binôme et leur ont offert leur disponibilité, leur expérience et leur savoir faire. C’est cette équipe de 4 personnes qui, n’en déplaise à ceux que cela indispose, a fait de Notre-Dame des Châteaux le beau domaine qu’il est aujourd’hui.

La « maison du bas » était à cette époque-là en piteux état, c’était une structure en bois qui servait d’entrepôt pour du foin, et qui surmontait une étable où se trouvaient jadis des animaux de ferme. Leur premier travail fut de refaire la toiture, d’isoler les murs, de couler une dalle, de fermer l’avant du chalet ouvert à tous les vents, de lambrisser le salon et les chambres, et de les équiper avec du mobilier en provenance de diverses maisons que l’Assomption avait fermées les unes après les autres. Les tables, les chaises, les lits et beaucoup de petit mobilier viennent ainsi de St Sigismond et de Lorgues, les frigos, les lave-vaisselles, les téléviseurs et un certain nombre d’autres appareils électro-ménagers ont été donnés par des particuliers, mais surtout par des entreprises grâce au talent de négociateur de Mr Currivand qui a toujours été un atout pour les Châteaux. Ce qui fut jadis une étable sous la « maison du bas » est aujourd’hui, grâce au travail bénévole de toute l’équipe, une belle salle, carrelée, isolée, et dotée de WC, pouvant accueillir plus de 80 personnes.

La « maison du haut » fut également réhabilitée. Le père Justin et Mr Bouton coulèrent une dalle au-dessus du réservoir d’eau, aménagèrent un appentis pour le stockage du bois, percèrent le mur entre la cuisine et le salon, mirent un insert dans le salon, retapissèrent et repeignirent les murs du rez-de-chaussée et de la chapelle. Sans parler de tous les petits travaux annexes sans lesquels rien ne serait aussi fonctionnel que ça ne l’est actuellement.

Une grande partie du mobilier, des lampes et de la vaisselle des deux maisons provient d’une bienfaitrice alsacienne qui en a fait don au père Justin, un père qui avait plus que tout autre le souci d’apporter de l’aménagement des Châteaux.

Pendant des décennies, Mr Currivand a œuvré pour que les Châteaux retrouvent un certain attrait, aidé en cela par le père Justin, ainsi que de Mr et Mme Bouton, des personnes qui ont toujours donné le meilleur d’eux-mêmes, ne comptant ni leur temps ni leur patience pour le bien de ce lieu. Combien de fois les ai-je vus faire des travaux de maçonnerie, tondre le gazon, souffler les feuilles sur la route d’accès longue de plus d’un kilomètre, déneiger cette même route, tailler les haies et les branches, faire du bois pour que les hôtes puissent se chauffer à l’intersaison ! Combien de fois le père Justin n’a-t-il pas appelé Mr Currivand pour l’aider à résoudre des problèmes de voirie, réparer ou réhabiliter des bâtiments, consolider des murs de soutènement, acheter du matériel au meilleur prix ! Combien de fois Mme Bouton a-t-elle été obligée de laver des draps que des résidents indélicats, souvent des religieux, avaient cachés sous les couvertures, de nettoyer des chambres qui ne l’avaient pas été, de remettre des meubles en place, et de nettoyer des toilettes laissées sales !

Pourquoi avoir écrit tout cela ? Tout simplement pour vous dire que les quatre personnes que j’ai mentionnées plus haut se sont dévouées depuis des décennies pour la remise en état et le bon fonctionnement des Châteaux, et qu’elle l’ont fait tout à fait bénévolement. Il y a au sein des instances dirigeantes de l’Assomption et plus spécialement dans l’association St Loup, des personnes qui feraient bien de se demander ce qu’elles ont déjà fait pour Notre-Dame des Châteaux, avant de tenir des propos blessants à l’encontre de l’une de ces quatre personnes, et de dire que les Châteaux « coûtent cher » ! Qu’elles nous disent également ce qu’elles comptent faire lorsque ces quatre personnes ne seront plus là pour travailler ? Le temps est en effet proche où ces personnes dont les tranches d’âge oscillent entre 75 et 90 ans, ne pourront plus physiquement faire le travail qu’elles ont fait jusqu’à présent ! Qu’adviendra-t-il alors des Châteaux ? Aura-t-on toujours le souci de cet endroit fondé par le père d’Alzon lui-même ? Je me pose bien des questions lorsque je vois comment certains jeunes pères assomptionnistes qui n’ont plus connus l’ambiance des alumnats, et c’est bien dommage pour eux, se comportent lorsqu’ils passent quelques jours aux Châteaux ! A croire qu’ils n’ont jamais appris à balayer une chambre, à nettoyer la vaisselle, et à tenir propre les toilettes ! Ils devraient savoir que les Châteaux ne sont pas un hôtel, que ceux qui s’en occupent sont uniquement des bénévoles, des bénévoles qui méritent tout sauf d’être critiqués comme ils le sont. Imaginez que vous vouliez venir passer quelques jours aux Châteaux et que vous soyez obligés d’abord de déneiger un kilomètre de route, de débroussailler les alentours pour pouvoir y accéder, de couper du bois pour vous chauffer, de tondre l’herbe qui aurait tout envahi, vous abandonneriez bien vite ! Eh oui, tous ces travaux, c’est Mr Bouton aidé parfois de son fils Régis, qui les fait à votre place. Ces personnes ne mériteraient-elles pas davantage de respect et de considération ?     

Mon inquiétude quant à l’avenir de Notre-Dame des Châteaux est donc tout à fait légitime, d’autant plus légitime que fleurissent des projets un peu farfelus pour l’aménagement de ce lieu ! Son avenir mériterait d’être discuté plus largement que dans les sphères pensantes de l’association St Loup. Leurs membres connaissent-ils d’ailleurs tous Notre-Dame des Châteaux ? Tant de personnes ont un attachement affectif pour ce lieu, des gens de tous horizons qui ne recherchent ni le luxe ni le confort d’un hôtel quatre étoiles, mais qui apprécient avant tout la quiétude, l’émotion, et la grande beauté de ce lieu chargé d’histoire…