Mise à l'honneur du RP Césaire KAYSER

 

DINSHEIM SUR BRUCHE le dimanche 24 novembre 2013

 

Mise à l’honneur du R.P Césaire KAYSER


Augustin de l’Assomption

 

         C’est avec une solennité digne des grandes occasions que fut fêtée ce dimanche en l’église paroissiale de Dinsheim sur Bruche, la mise à l’honneur du R.P Césaire Kayser, augustin de l’Assomption. La célébration eucharistique fut concélébrée par les pères Marie-Bernard Kientz et Denis Ledogar, ainsi que de deux diacres, et en présence de nombreux fidèles parmi lesquels des gens du village et environs, des membres de la famille du père Césaire, de Madame le maire, mais aussi et surtout d’un important groupe d’anciens élèves de l’alumnat de Scherwiller que le père Césaire avait fondé en 1921. Après les salutations d’usage, Daniel Kayser, le président du conseil de fabrique de Dinsheim, qui porte le même nom que le père Césaire mais qui n’a avec lui aucun lien de famille, retraça brièvement la vie et l’œuvre du père Césaire. Il proposa aux personnes présentes une biographie du père Césaire qu’il a lui-même rédigée et que l’on pouvait se procurer à la sortie de l’église. La célébration se prolongea par la bénédiction d’une plaque commémorative en grès destinée à être fixée à un mur à l’arrière de l’église, ornée d’une photo du père Césaire, de la croix de St Maur, et gravée de la devise des assomptionnistes : adveniat regnum tuum. Les « anciens » de l’alumnat, Marie-Bernard et Denis, et les membres de la famille du père Césaire, une soixantaine en tout, se retrouvèrent ensuite au restaurant « le Felsbourg » autour d’une choucroute royale, l’occasion pour tout ce beau monde d’échanger les vieux souvenirs de leurs années passée à l’alumnat de Scherwiller…     

 

Le Père Césaire KAYSER


Le père Césaire est né à Dinsheim le 15 novembre 1863, il y a très exactement 150 ans. Attiré dès son plus jeune âge par la vie missionnaire, Césaire choisit de devenir religieux assomptionniste, et vers la fin des 1880 il part en Turquie où il est ordonné prêtre en 1888 à Constantinople. Comme il est parfaitement bilingue, il est nommé aumônier de la colonie européenne d’ouvriers catholiques qui construisent la voie ferrée reliant Constantinople à Bagdad. Il est chargé par la suite de créer une mission en Anatolie. Grâce à une forte constitution, un caractère de baroudeur, et un dévouement sans frontières qui lui vaut bien des sympathies, il va surmonter tous les obstacles, et fonder en 1895 en pleine terre musulmane une école chrétienne à Esky Chéhir dont il sera le supérieur jusqu’en 1905. Rappelé en Alsace en 1905, il s’installe dans son village natal à Dinsheim et fonde la revue allemande « Missionen ». Grâce à cette revue qu’il diffuse à travers toute l’Allemagne, et où il relate la vie des missions d’Orient, il va collecter des fonds pour soutenir financièrement toutes ces communautés missionnaires. Après la 1ère guerre mondiale où il va comparaître 17 fois devant le tribunal militaire allemand à cause de ses sentiments pro français, il est une nouvelle fois chargé d’une mission, celle de créer une école religieuse en Alsace. C’est ainsi qu’en 1921 il ouvre à Scherwiller un internat religieux, appelé alumnat, qui formera des centaine de prêtres, de religieux mais aussi de laïcs, jusqu’à sa fermeture définitive en 1978. Vers la fin des années 1920 une nouvelle mission lui est confiée, celle d’ouvrir une école, mais cette fois-ci en terre allemande. C’est ainsi qu’il fonde à Scheidegg en Bavière un noviciat qui lui servira également de base arrière pour l’impression de sa revue Missionen. Epuisé par une longue vie de travail et de dévouement, il décède le 18 septembre 1931 à l’âge de 68 ans. Il est inhumé à Dinsheim. Malgré un zèle parfois un peu intempestif, le père Césaire avait une vraie générosité apostolique et un désintéressement absolu pour sa propre personne. 

Articles parus dans les DNA (Dernières Nouvelles d'Alsace)

le dimanche 1er décembre 2013